Quand il s’agit de préserver l’intimité dans un jardin ou de délimiter une propriété, le choix du type de clôture suscite souvent des interrogations. Si la haie naturelle a longtemps été plébiscitée, beaucoup se tournent désormais vers l’installation d’une haie artificielle pour ses avantages pratiques.
Pour autant, une question revient régulièrement : quelle réglementation encadre l’installation d’une haie artificielle ? Entre le Code civil, les règles d’urbanisme locales et les éventuelles dispositions applicables au lotissement ou à la copropriété, mieux vaut vérifier les règles en vigueur avant d’installer sa clôture.
Les raisons d’opter pour une clôture de jardin en haie artificielle sont multiples. Cette solution imite l’aspect du feuillage naturel tout en limitant fortement les contraintes d’entretien. Pas besoin de taille régulière ni d’arrosage : la haie artificielle conserve son aspect toute l’année.
Elle offre également une occultation immédiate, particulièrement appréciable lorsque l’objectif est de préserver son intimité. Elle peut notamment être installée sur un grillage existant afin de masquer un vis-à-vis ou de renforcer l’occultation d’une clôture.
D’autres propriétaires choisissent cette solution pour séparer deux espaces, améliorer l’esthétique d’une clôture existante ou apporter une touche végétale au jardin. Avant toute installation, il convient toutefois de vérifier que le projet respecte les règles d’urbanisme et les éventuelles contraintes applicables à la propriété.
Il n’existe pas, dans le Code civil, de régime juridique spécifique consacré à la « haie artificielle ». Lorsqu’elle est utilisée comme élément d’occultation sur une clôture, il faut principalement s’intéresser aux règles applicables à cette clôture et à son implantation.
Le Code civil reconnaît à chaque propriétaire le droit de clore son terrain. L’article 647 dispose ainsi que « tout propriétaire peut clore son héritage », sous réserve notamment des dispositions relatives aux servitudes et au passage.
La réglementation applicable dépend ensuite de la situation du terrain. Le plan local d’urbanisme (PLU), les règles du lotissement ou de la copropriété et, dans certains secteurs, des règles de protection du patrimoine peuvent imposer des prescriptions concernant l’aspect, la hauteur ou l’implantation de la clôture.
Il est donc préférable de vérifier les règles locales avant de poser une haie artificielle, même lorsqu’elle est installée sur un grillage déjà existant.
L’article 647 du Code civil pose le principe du droit de chaque propriétaire à clôturer son terrain. Ce droit ne signifie toutefois pas que toutes les clôtures peuvent être installées sans aucune contrainte.
Les règles d’urbanisme locales peuvent notamment encadrer les caractéristiques des clôtures. Certaines dispositions peuvent également résulter d’un règlement de lotissement ou de copropriété.
Il faut par ailleurs distinguer la haie artificielle elle-même de la clôture qui la supporte. Une haie artificielle fixée sur un grillage, une palissade ou un autre dispositif d’occultation doit être appréciée au regard des règles applicables à l’installation concernée.
Il n’existe pas de hauteur maximale nationale unique applicable à toutes les clôtures. La hauteur autorisée dépend notamment des règles locales d’urbanisme et de la situation du terrain.
Le PLU peut ainsi prévoir des prescriptions concernant la hauteur, l’aspect ou les matériaux des clôtures. Dans certaines zones, des règles particulières peuvent également s’appliquer en raison de la proximité d’un monument historique ou de l’appartenance à un secteur protégé.
Le Code civil comporte par ailleurs des dispositions particulières relatives à certaines clôtures entre propriétés voisines, notamment l’article 663 concernant les murs de séparation dans les villes et faubourgs. Ces dispositions ne doivent toutefois pas être confondues avec une règle générale fixant la hauteur de toutes les clôtures.
Avant de choisir la hauteur d’une haie artificielle, il est donc recommandé de consulter le PLU applicable à la parcelle ou de contacter le service urbanisme de la mairie.
La pose d’une clôture n’est pas systématiquement soumise à une déclaration préalable. Une déclaration préalable peut toutefois être exigée dans certaines situations prévues par le Code de l’urbanisme.
L’article R.421-12 prévoit notamment une déclaration préalable pour certaines clôtures situées dans des secteurs protégés ou dans des secteurs délimités par le PLU, ainsi que lorsque la commune ou l’établissement public de coopération intercommunale compétent a décidé de soumettre les clôtures à déclaration.
La réglementation peut donc varier d’une commune à l’autre.
Avant d’installer une haie artificielle sur une clôture nouvelle, il est prudent de vérifier auprès de la mairie si une déclaration préalable est nécessaire. Cette vérification est particulièrement importante lorsque le terrain se situe dans un secteur protégé ou soumis à des règles d’urbanisme particulières.
Selon l’article R.421-12 du Code de l’urbanisme, une déclaration préalable peut notamment être nécessaire lorsque la clôture est située :
Le simple fait qu’une clôture soit située en bordure d’une voie publique ne signifie donc pas automatiquement qu’une déclaration préalable est obligatoire.
La meilleure démarche consiste à vérifier les règles applicables à la parcelle auprès de la mairie ou du service urbanisme avant de commencer les travaux.
Lorsque la déclaration préalable est nécessaire, le dossier doit être constitué à partir du formulaire administratif correspondant aux travaux envisagés.
Selon le projet et les caractéristiques du terrain, le dossier peut notamment comprendre :
Les pièces à fournir peuvent varier selon la nature et la localisation du projet. Il est donc préférable de se reporter au bordereau des pièces du formulaire utilisé ou de demander confirmation au service instructeur.
Pour une déclaration préalable relevant du régime général, le délai d’instruction est en principe d’un mois. Il peut toutefois être prolongé dans certaines situations, notamment lorsque le projet se situe dans un secteur soumis à des règles de protection particulières.
Les questions de limite séparative et de mitoyenneté sont souvent à l’origine de désaccords entre voisins. Installer une haie artificielle nécessite donc de vérifier précisément où se situe la limite entre les deux propriétés et à qui appartient la clôture concernée.
Une clôture située en limite séparative n’est pas automatiquement mitoyenne. Elle peut appartenir à un seul propriétaire ou être soumise au régime de la mitoyenneté selon les circonstances.
Lorsque la clôture est effectivement mitoyenne, les droits et obligations de chacun doivent être examinés au regard des règles applicables à la mitoyenneté et des éventuels accords conclus entre les propriétaires.
En cas de doute sur la limite exacte entre deux terrains, un bornage peut permettre de sécuriser la situation. Le cadastre peut être utile pour identifier une parcelle, mais il ne constitue pas, à lui seul, un bornage contradictoire entre voisins.
La pose d’une haie artificielle, même plus rapide qu’une plantation naturelle, mérite quelques précautions lorsque la clôture se trouve à proximité de la propriété voisine.
Lorsque le projet concerne une clôture existante, il est notamment utile de vérifier son propriétaire, son éventuel caractère mitoyen et les règles applicables avant d’y fixer une haie artificielle.
Une discussion avec le voisin peut également permettre d’éviter les malentendus, notamment lorsque le projet modifie fortement l’aspect de la séparation entre les deux propriétés.
Si la clôture appartient exclusivement à un propriétaire, celui-ci doit veiller à ne pas empiéter sur le terrain voisin lors de la pose de la haie artificielle ou de ses systèmes de fixation.
L’un des avantages de la haie artificielle est de nécessiter beaucoup moins d’entretien qu’une haie végétale. Il peut néanmoins être nécessaire de nettoyer les panneaux, de vérifier les attaches ou de remplacer certains éléments au fil du temps.
Lorsque la haie artificielle est fixée sur une clôture mitoyenne, les modalités d’entretien et de remplacement peuvent dépendre du statut de la clôture et des accords entre les propriétaires.
Il est donc préférable de définir clairement, lorsque cela est nécessaire, qui prend en charge les éventuels travaux et dans quelles conditions. Un accord écrit peut être utile lorsqu’un aménagement est réalisé conjointement par les deux propriétaires.
Même lorsqu’aucune déclaration préalable n’est nécessaire, l’installation d’une haie artificielle ne doit pas conduire à un trouble anormal de voisinage ou à une atteinte aux droits du propriétaire voisin.
Une attention particulière doit également être portée aux éventuelles servitudes, aux règles de lotissement et aux prescriptions de copropriété lorsqu’elles existent.
L’objectif est donc double : respecter les règles d’urbanisme applicables et veiller à ce que l’installation ne crée pas de difficulté avec les propriétés voisines.
Il est important de distinguer une haie artificielle d’une plantation naturelle.
Les règles de distance prévues par l’article 671 du Code civil concernent les arbres, arbustes et arbrisseaux. Elles ne constituent donc pas, en tant que telles, une règle de distance applicable à une haie artificielle.
Pour une haie synthétique installée sur une clôture, il faut plutôt examiner l’implantation de la clôture, les règles du PLU, les éventuelles servitudes ainsi que le statut de la séparation entre les propriétés.
Cette distinction évite notamment de transposer à tort les règles applicables aux plantations naturelles à une installation artificielle.
Choisir une haie artificielle passe par une réflexion sur les nombreux modèles disponibles aujourd’hui. Les différences portent principalement sur le niveau d’occultation, l’esthétique générale et la résistance au vent ou aux intempéries.
À cela s’ajoute la conformité aux règles applicables à la clôture. Avant toute installation, prenez quelques minutes pour vérifier les prescriptions locales afin de choisir un modèle compatible avec votre projet.
L’existence d’attaches adaptées, la densité des brins et la qualité du support, qu’il s’agisse d’un grillage soudé ou d’un panneau rigide, influencent également le rendu final et la durabilité de l’installation.
Bien déterminer la hauteur d’une haie artificielle repose sur deux critères principaux : le niveau d’occultation recherché et les règles applicables localement.
Il n’existe pas de hauteur maximale nationale unique pour toutes les clôtures. Le PLU ou les autres règles locales peuvent toutefois imposer des limites ou des prescriptions particulières.
Avant de choisir un modèle, il est donc recommandé de vérifier la hauteur maximale autorisée pour la clôture concernée. Une hauteur légèrement inférieure à la limite applicable peut également constituer un choix pratique si elle répond suffisamment au besoin d’occultation.
Au-delà de la réglementation de la haie artificielle, le budget, le style architectural de la maison et l’environnement du jardin peuvent influencer le choix.
Certains modèles privilégient une imitation très réaliste du feuillage, tandis que d’autres sont conçus avant tout pour offrir une occultation importante ou une meilleure résistance aux conditions extérieures.
La présence d’animaux, la configuration du terrain, l’exposition au soleil ou encore la prise au vent peuvent également être prises en compte avant l’achat et la pose.
En résumé, l’installation d’une haie artificielle ne fait pas l’objet d’une réglementation unique qui lui serait spécifiquement consacrée. Les règles applicables dépendent principalement de la clôture concernée, de son implantation et de la situation du terrain.
Le Code civil reconnaît le droit de clore sa propriété, tandis que le Code de l’urbanisme peut imposer une déclaration préalable dans certaines situations. Le PLU, les règles de lotissement ou de copropriété et les éventuelles protections patrimoniales doivent également être pris en compte.
Avant de poser une haie artificielle, le bon réflexe consiste donc à vérifier les règles locales auprès de la mairie, à identifier précisément la limite séparative et à s’assurer que la clôture ne porte pas atteinte aux droits du voisin.
Quelques vérifications en amont permettent ainsi de profiter sereinement d’une clôture esthétique, durable et adaptée à son environnement.
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